Le gris du ciel renforce sans doute l’atmosphère particulière de la ville frontière de Dogubayazit à l’est de la Turquie. Une vingtaine de kilomètres nous séparent du poste frontière que nous atteignons sur le coup des dix heures du matin heure iranienne, compte tenu de l’heure et demie de décalage avec la Turquie.

Le passage du poste frontière se déroule en un petit peu moins de trois heures, ce qui est tout à fait dans la norme. Il faudra toutefois échapper au « terminal chef » qui essayera pendant près de trois quarts d’heure de nous ponctionner une « taxe » pour avoir le tampon final sur nos papiers. L’Iran marque également la fin de notre couverture d’assurance pour notre véhicule (carte verte). Nous devons donc conclure une assurance avec une compagnie locale. Seules quelques banques permettent de changer des devises. Nous faisons le nécessaire et sommes contents de nous éloigner de cette frontière où nous avons passé une bonne partie de notre journée. Le réseau routier est relativement bon.
La conduite Iranienne demande prudence et concentration, en particulier dans les grandes villes. Toutefois on en verra d’autres plus tard…
Un premier arrêt dans la petite ville de Qareh Zia’od Din, nous permet de faire le plein de gazoil pour 10000 rials = 1.15 chf (60 litres à ce prix, quelle joie !) et de se promener de boutique en boutique pour se familiariser avec les prix et la monnaie locale qui nous bourre les poches de liasses de billets.
Dans la rue, tous les regards sont braqués sur nous, en particulier sur Nathalie. Elle est certes bien entendu voilée, mais son look occidental ne lui échappe pas complètement de toute évidence. Un pâtissier nous goinfre de gâteaux pour dégustation avant même d’avoir fait notre choix. Par politesse, nous lui en achèterons beaucoup (trop) pour un prix dérisoire !

Pour notre première nuit, nous décidons de dormir à côté d’un parc dans cette petite ville. En début de soirée, des enfants ne cessent de passer en vélo et de taper dans notre cellule. Nous décidons de nous déplacer un peu plus loin dans un quartier d’habitation. Nettement moins bruyant, nous pouvons nous endormir enfin tranquillement. Vers minuit, alors que nous dormons profondément, on frappe sans ménagement contre la cellule. Nous observons discrètement les extérieurs et les feux tournants bleu et rouge d’une voiture de police nous permettent de distinguer quelques silhouettes autour de notre véhicule.
Contrôle d’identités, pas un mot de farsi de notre côté et pas un mot d’anglais du côté de la police, ils nous font tout de même comprendre que nous devons les suivre. Un policier prend place sur le siège passager et pour la deuxième fois nous parcourons les rues de cette petite ville, mais sous escorte ! Finalement ils nous font parquer devant le poste de police et nous indiquent que nous pouvons dormir ici.
Nous sommes à nouveau réveillés à l’aube par des coups énergiques frappés sur notre cellule. C’est un policier qui nous fait signe de « dégager ». Nous prendrons un petit déjeuner matinal quelques rues plus loin. Nous nous sentons les bienvenus en Iran et les bivouacs s’annoncent difficiles !! Nous roulons jusqu’à l’une des villes les plus importantes d’Iran, Tabriz.




Sur conseils d’autres voyageurs, nous campons sur le parking d’un parc bien connu de la ville, après en avoir demandé l’autorisation au gardien. Le parc d’El Goli est un lieu de rassemblements dont raffolent les Iraniens. Le jour et jusqu’à la tombée de la nuit, des familles viennent pique-niquer sur un bout de couverture ou tapis précautionneusement étendu dans l’herbe.

A la nuit tombée, le parc est plein ! Des haut-parleurs crachent une musique plus ou moins orientale, les allées du parc deviennent noires de monde, les foulards glissent quelque peu en arrière et laissent place aux cheveux sur le haut du front pour certaines femmes. Quelques rares couples se donnent la main. Nous avons l’impression d’être dans une autre Iran. En relisant notre guide, nous comprenons tous le sens de la description faite de ce pays « plein de contradictions ».
Fréquemment nous sommes abordés. Les gens nous souhaitent la bienvenue mais leur vocabulaire d’anglais limite souvent la discussion à ce stade. Des jeunes filles lancent discrètement un « hello ! » de sous leurs voiles et rigolent entre elles toutes émoustillées.
Sur la route, nous sommes fréquemment arrêtés par des barrages de polices. Lorsque les enfants sortent leurs têtes, le questionnement initié par l’agent est interrompu et finalement ils nous laissent repartir. En tous les cas il n’est pas difficile de faire les « imbéciles » qui ne comprennent rien, car nous ne comprenons vraiment rien. Il est d’ailleurs intéressant de remarquer que d’une manière générale, les gens ont peine à concevoir que nous ne parlions pas leur langue ! La campagne est magnifique. Durant ce mois de mai, tous les champs sont couverts de fleurs.


Nous recherchons des arrêts pour les nuits, isolés dans la campagne, loin des routes, loin de la visibilité de la police. Dans l’un d’entre eux, nous sympathisons avec des bergers. Ils jouent avec les enfants, nous indiquent l’emplacement d’une source d’eau et viennent chaque matin nous dire bonjour accompagnés de leurs troupeaux.


Des montagnes enneigées culminent à plus de 4500 mètres d’altitude. Depuis la Cappadoce en Turquie, nous ne sommes jamais redescendus au dessous des 1000 mètres d’altitude.
Aux abords de la frontière de l’Azerbaïdjan, alors que nous avons trouvé un endroit avec une vue imprenable, nous sommes à nouveau délogés par la police qui nous demande de nous mettre en contrebas pour la nuit, visibles d’un poste de police qui surveille la frontière du territoire.
Les pleins d’essence sont un joyeux folklore. L’Iran étant le 4e exportateur mondial de pétrole, l’essence est subventionnée par l’état, d’où son prix presque nul. Les autochtones sont soumis à des quotas mensuels. Les chauffeurs de bus et camion Iraniens se font un plaisir de passer le pistolet de la pompe après avoir terminé leur plein de gasoil. En échange, il suffit de leur payer leur plein pour les remercier, quand encore ils acceptent !
Ah ! Nous allions presque oublier de parler de la pluie et du beau temps : il fait beau et chaud et nous faisons une cure de melons !

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|2010-06-10 11:50:33 Papy et MamyBonjour et gros bisous à tous. Vous êtes bien surveillés par la police elle est presque trop souvent sur vos talons
mais les paysages sont beaux cela compense ceci
l'imortant c'est que ce passe bien. bonne continuation.
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|2010-06-10 21:43:53 michel_le_canadien - Merci de partager tout çà avec nous !Votre voyage est formidable, et c'est toujours super de vous lire, c'est comme si nous étions avec vous.
Ici, c'est la coupe du monde qui commencera demain. Peut-être vous aurez quelques soirées de klaxon selon les résultats...hihi...peut-être que c'est vous qui klaxonnerai....ahah. Je suis pas très foot, mais là c'est un moment planétaire incontournable...même si le canada n'est qualifié.
Nous vous souhaitons encore pleins de beaux kilomètres!
Michel, Ingrid et Enzo
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|2010-06-11 06:14:04 BéatriceHello les cousins
Encore merci
) pour toutes vos photos et commentaires...
Les habitants ont l'air gentils avec vous, même la police qui finalement veille un peu sur vous !
Mais vivre avec des jumelles braquées sur soi, ils se sont transformés en paparazis ces policiers
Chez nous ce sont les rododhendrons qui sont roses de leurs fleurs, sur nos pans de montagne. Avec Coraline, nous avons croisé chevreuil et chamois à 50m. Et vous des rencontres avec des animaux sauvages ?
Gros bisous les cousins
Béatrice
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|2010-06-11 16:20:41 Michel et JoelleHello !
Le pays à l’air magnifique dommage qu’il n’y ait pas plus de liberté mais bon c’est leur culture …..toujours ébloui par votre périple (photos, commentaires, etc)
Toute bonne suite de voyage et à la prochaine.
Michel et Joelle
PS. Mon dernier plein …… 102.-
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|2010-06-12 17:18:24 Jo - BRAVOMille mercis de nous permettre de partager (un peu) votre aventure.
Bravo pour les commentaires et photos. Cela devient impressionnant.
Excellente suite à vous. Bises.
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|2010-06-13 16:00:00 richard barbera - émotionSalut à vous les glen.
C'est dingue, vous réussisez à passer une émotion dans vos reportages qui me donne à chaque fois des frissons, ou peut-être est-ce le fait de l'existence même de votre aventure, de l'avoir tenté, qui me fascine. Bravo Nath et Laurent et que l'aventure continue. bisous et pleins de bonne choses.
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|2010-06-13 18:52:58 Le L de GLEN - Coucou les amis !Bonjour a tous !
Desole pour les accents, mais les claviers en cyrilic c'est pas le pied !
Un grand merci pour vos commentaires. Pour repondre a Beatrice: oui nous avons rencontre des tortues,serpents
, dromadaires, chameaux et de magnifiques oiseaux dont des rapaces.
Gros bisous des GLEN !
message poste depuis Samarkand (Ouzbekistan)
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|2010-06-19 21:05:08 Mahyar Diba - intéressantBonjour,
Je suis un ami de Remy qui m'a fait suivre votre blog sur votre voyage et aventure en Iran. Je suis moi même originaire de Tabriz, d'ailleurs j'y étais pour un court séjour la semaine avant votre passage à Tabriz, cela aurait été très intéressant de se rencontrer à Tabriz ma ville Natale.
Comme dans beaucoup d'endroits sur cette terre Tabriz a beaucoup changé en 30 ans et pas forcément en mieux ! j'ai eu beaucoup de plaisir à lire votre récit et admiré vos photos, je me permets de faire suivre votre expérience à des amis qui vont également prendre la route d'ici une semaine depuis la Suisse en direction de Tabriz, je pense que votre expérience les intéressera beaucoup.
Meilleures salutations
Mahyar Diba






Bien la photo du lavage dans le ruisseau avec le foulard !!!
Et j'en connais un qui devient un petit barbu aux cheveux longs !!
Bravo et merci pour vos reportages, c'est vraiment très sympa !!